Archives de catégorie : Mes petites réflexions perso

Comme du chocolat…

Pris sur le faitJ’avoue, je suis un choc-addict. Le chocolat noir est devenu une drogue (dure donc!), mais comme il paraît que ça déstresse, j’en mange pour raisons médicales. C’est pour ma santé, vous comprenez?

Or, voilà que j’ai entendu, lors d’une émission télévisée, que le plaisir que l’on avait en mangeant du chocolat, cela n’avait vraiment lieu que pour le premier morceau. Du moins au niveau de l’intensité du plaisir. Premier morceau = moment le plus intense.

Suite à cela, cela fait plusieurs jours que j’ai voulu tenter l’expérience – donc ici, je mange à fin (faim?) expérimentale. Et voici le résultat du test: Hé bien non! Il n’y a aucun changement perceptible. C’est toujours un vrai plaisir 1.

Avec la méditation de la Bible, c’est exactement la même chose. Ce n’est pas le premier verset du matin qui sera le moment de méditation le plus intense. Dès que l’on se remet à méditer (à midi, ou au soir), le plaisir est toujours bien réel.

Je comprends alors que le psalmiste pouvait s’écrier:

Heureux l’homme qui… trouve son plaisir dans la loi de l’Eternel, Et qui la médite jour et nuit!” (Ps.1.1-2) -Oui, quel bonheur, les amis!

Et moi, je me dis, vivement le prochain temps de méditation de la journée! (Avec un morceau de chocolat noir?)

 

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1 100% des Belges ayant participé à ce test l’affirment! Remarque: Ça me fait toujours rire quand j’entends ce genre de pourcentage dans une pub – si ça tombe, ils étaient deux à tester le truc, quoi! Ou trois avec le caméraman!

Peut-on perdre son salut?

go001Houlà! Dans quoi est-ce que je m’engage avec cet article qui a fait couler tellement d’encre et qui a divisé tellement !?!

Alors, d’entrée de jeu, je le dis tout net: Pour moi, c’est une mauvaise question, à défaut d’être, dès le départ, une question piège.

J’ai la nette impression que Dieu balise dans les deux sens: et dans la direction du “oui, on peut perdre son salut” (je préfère le dire autrement, j’y reviendrai); et dans la direction du “non, évidemment, on ne peut pas le perdre”.

Je ne vais pas reprendre toute l’argumentation et tous les textes qui sont utilisés par les deux tendances.

Je crois que Dieu aime nous mettre en tension entre ce que les théologiens appelaient, il y a quelques années, le “déjà” et le “pas encore”. Nous connaissons tous (!) ces textes qui nous disent que nous sommes “déjà” en Christ, sauvés, lavés, que nos noms sont inscrits dans les Cieux, etc. Nous connaissons aussi tous (!) ces textes qui font appel au “pas encore”, où il est question de travailler à son salut, d’achever la course, etc.

Je crois que cette question se situe dans ce cadre-là: L’œuvre du Saint-Esprit change immédiatement notre identité à la conversion. Nous devenons fils/filles de Dieu. Mais l’œuvre de l’Esprit se poursuit toute la vie. C’est comme si nous apprenions véritablement à être au quotidien ce que nous sommes déjà, à porter le fruit de l’Esprit plutôt que le nôtre, etc.

La question de “perdre son salut” est à mon sens une mauvaise question, parce qu’elle dirige dans une direction qui ne me semble pas juste. C’est comme si devant deux routes, on posait la question de savoir si on en prend une troisième qui n’existe pas. La question qui me semble plus importante, au lieu de celle-là est plutôt quelque chose comme: Est-ce que je continue à vivre ma nouvelle identité en Christ?

Je ne considère pas, dès lors, le salut comme un point sur une ligne du temps (le moment de ma conversion, de mon “oui” à Dieu, au sacrifice du Christ, etc.), mais une ligne du temps à partir d’un point précis (qui débute au moment de ma conversion): Je suis déjà sauvé, mais ce salut se renouvelle chaque instant (comme le besoin de conversion – d’où l’institution de la Cène par Jésus, pour revenir au sacrifice régulièrement). Il y a un déjà, mais aussi un pas encore “accompli, achevé…”

La grande question qui reste: Y a-t-il eu véritablement point de départ (une conversion – œuvre de l’Esprit Saint) au départ de cette nouvelle ligne du temps, ou est-ce que ce n’était qu’une adhésion “intellectuelle” ou “sentimentale” ou…, donc tout humaine? A mon sens, c’est là que l’on doit chercher quand il s’agit d’expliquer pourquoi certaines personnes hyper-engagées dans l’église ne sont plus “nulle part” (mais qu’en sais-je après tout?) au niveau de la foi.

Pour illustrer notre difficulté à comprendre pourquoi certains hyper-engagés semblent quitter la foi: Si Jésus dira un jour: “Je ne vous ai jamais connu” (Mt.7.21ss) , le jamais me dit qu’ils ne se sont jamais vraiment convertis (Jésus ne les a jamais rencontrés!), et nous, comme les ouvriers de la parabole, nous avons interdiction d’arracher, ce n’est évidemment pas notre rôle (et heureusement!)… mais cela nous permet de comprendre pourquoi l’ivraie semblable au blé, quand elle est en communauté de blé, peut retourner vivre avec ceux qui ont effectivement la même identité qu’elle…

Ce n’est évidemment que mon petit point de vue, merci de ne pas me lapider trop vite! (Sujet sensible oblige).

Pasteur, homme à tout faire?

bible-en-main Je parle du ministère pastoral dans cet article, mais la réflexion pourrait être étendue à tout ministère…

Je crois que nous avons une vision tronquée, parfois, de ce que devrait être le ministère pastoral… Et déjà là, il faudrait s’arrêter et se demander: “Quel ministère ou quels ministères met-on derrière ce que l’on appelle le ministère pastoral?”

Quand je discute avec des amis responsables d’église, tous sont d’accord pour dire que le pasteur ne doit pas être l’homme orchestre. Il ne doit pas tout faire. Ok. Mais il est quand même souvent l’homme chef d’orchestre. Il ne fait pas tout, mais il est dans tout – et si pas “dans” tout, il contrôle tout… (Bénies soient les églises qui ont compris qu’il ne fallait pas qu’il en soit ainsi).

Il n’est pas convenable que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables” disaient les apôtres (Act.6.2). Grande sagesse.

Je crois que cette sagesse, cette ligne de conduite (principe?) peut être adaptée à tous les ministères dans l’église: “Il n’est pas sage que tu te disperses dans ce qui va te prendre du temps et qui n’a rien à voir avec ton ministère“. Oh! Ce n’est pas une règle de Mèdes et de Perses! Jésus s’est aussi mis à la cuisine quand il attendait ses disciples avec un BBQ/poissons sur la plage. On aurait peut-être préféré de lui qu’il nous laisse encore un petit enseignement de derrière les fagots (mais ceux-ci ont sans doute servi pour allumer le feu!). Juste pour dire que parfois, chacun doit se retrousser les manches pour des projets ponctuels qui nécessitent plus de bras…

Ceci étant dit, pouvoir s’attacher à son ministère, à son enseignement si l’on prêche ou enseigne, à la relation d’aide si l’on a un ministère pastoral (berger qui prend soin de), etc., c’est quand même ce que la Bible préconise.

Depuis que j’ai quitté mon ministère pastoral, je suis un homme heureux. Pas plus tard qu’hier, un ami (pasteur, le pauvre!… Non, je rigole!) me disait à juste titre: “toi, tu ne fais que ce que tu aimes en fait“. Et c’est vrai! Et combien ça devrait être vrai pour chacun des ministères dans l’église! On n’aurait que des gens heureux de faire et de ne faire que ce qu’ils aiment. Je dis que je suis heureux depuis que j’ai quitté le ministère pastoral, parce que j’ai abandonné les “coulisses de l’église“, entendez “la gestion administrative de l’église” (les réunions où l’on décide en quelle couleur on va repeindre les murs, et ce genre de chose). C’est évidemment important. C’est vital même. S’il n’y a personne dans les coulisses pour organiser, prévoir… on risque de se retrouver à célébrer Dieu dans un taudis dans quelques semaines.

Oui, c’est un réel privilège quand on peut s’attacher à son ministère, et ne s’attacher qu’à son ministère. Ce privilège, je le vis au niveau de l’église, et même des églises, puisque j’ai actuellement les pieds dans deux communautés (en étant rattaché officiellement à l’une des deux). Et justement! Etant détaché des coulisses, je suis plus libre pour exercer un ministère qui peut alors s’étendre au-delà d’une église locale… Même s’il est sage et nécessaire d’être aussi attaché à une église locale pour sa survie personnelle (puisque personne n’a tous les dons/ministères et donc a besoin des autres).

Il faut apprendre à dire “non” pour dire “oui” à son ministère. Dieu appelle, mais il n’appelle pas à tout faire. L’appel implique une mission précise, un ministère (parfois deux… mais au-delà, vous êtes sûr que c’est Dieu qui appelle?), une direction.

Dire “non” et garder son “non” est sans doute l’une des choses les plus difficiles à faire dans l’église: Beaucoup ne comprennent pas et reviennent à la charge en redemandant “tu es sûr que tu ne pourrais pas faire…“, harcèlement inconscient (heureux les inconscients!), culpabilisation (“moi, je le fais, et toi non?“, etc.)… Je le redis, il faut parfois faire une entorse au “non” pour répondre à une urgence. Mais l’urgence doit rester de l’ordre de l’accident. Il y va de la survie à long terme d’un ministère, et surtout d’un ministère bien fait, bien rempli.

Parfois, c’est comme si on devait choisir entre la culpabilisation et la frustration. Eh bien, non! C’est ni l’un, ni l’autre! Je dis “non” parce que je connais mes limites et les besoins de mon ministère (et que le temps n’est pas élastique, et que j’ai aussi besoin de repos, et que ma famille a aussi besoin de me voir, et…). Donc c’est un non catégorique à la culpabilisation. Et si les autres critiquent (ce que je ne crois quand même pas, mais au cas où): tant pis. Qu’ils en parlent à Celui qui m’a appelé et m’a confié un ministère précis (“pas d’ma faute après tout si j’ai pas été appelé à tout faire!”). Au niveau de la frustration: Si je dis non à la culpabilisation, ce qui me permet de dire non à ce qui n’est pas mon ministère (ou – j’élargis – à ce qui n’est pas ce que je suis capable de faire au niveau de mon ministère, j’y reviendrai dans le prochain paragraphe)… alors, d’office, je dis non à la frustration d’un ministère mal accompli. Puisque j’ai tout mon temps, toute mon énergie pour celui-ci.

Je reviens sur ma parenthèse: On pourrait aussi avoir une forme de harcèlement au niveau d’un ministère que l’on a effectivement. J’ai un ministère de prédication et d’enseignement. L’on pourrait me dire: “Ok! Tu vas prêcher toutes les semaines!” (Dans ma folie, c’est ce que je faisais quand j’étais pasteur d’une communauté, tout en étant dans les coulisses de celle-ci, tout en ayant un boulot à temps plein à côté pour nourrir la famille, tout en étant présent u niveau e la famille [Ah non! ça je n’ai pas pu, évidemment – c’est à l’âge de quinze ans que mes enfants ont découvert qu’ils avaient un père!… Non, je rigole, mais c’est un peu vrai quand même!] – ai-je prononcé le mot folie?). Prêcher toutes les semaines si je n’ai pas assez d’une semaine pour préparer mon message, dans le temps qui me reste après mes obligations auprès de mon employeur, de ma famille, etc., c’est de l’ordre du “aménage chez toi une petite pièce matelassée du sol au plafond!“. Non! Le ministère, c’est plutôt de l’ordre du “fais-le avec la force que tu as + JE serai avec toi“. Dieu fait évidemment la différence, mais mon corps me rappelle que je suis encore sur terre… Donc: Là aussi beaucoup de sagesse!

Il s’agit de découvrir ses limites (et on les découvre parfois quand on les dépasse), de se limiter à son ministère (même si on fait parfois un écart pour répondre à une urgence accidentelle), de refuser toute forme de manipulation/culpabilisation/harcèlement, etc., et surtout de prendre un vrai plaisir dans ce que l’on fait, parce qu’on le fait sans contrainte. Mais pour ça, il a fallu apprendre à dire “non“.

Heureux l’homme qui dit “non” à tout ce qui n’est pas dans le “oui” attendu par l’appel Dieu. (Béatitude bidon, mais il fallait que je trouve une chute à cet article)