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“Tu t’es converti(e) à qu(o)i ?”

C’est la question que je me pose à moi-même (et que je te partage). Elle est venue en réflexion pendant ma lecture de l’excellent livre de John Piper “Desiring God – Meditations of a Christian Hedonist”1 que je ne peux que recommander. Voici l’extrait qui m’interpelle : “Saving faith means ‘receiving Christ’ (…) We usually say, ‘as Lord and Savior’. That’s right. But something more needs to be said. Saving faith also receives Christ as our Treasure. A non-treasured Christ is a nonsaving“. (Desiring God Foundation, 2011, p.40) – En français, ça dit quelque chose comme: “Être sauvé par la foi signifie ‘recevoir Christ’ (…) Nous disons habituellement ‘comme Seigneur et Sauveur’. C’est juste. Mais il y a quelque chose qui doit être dit en plus. La foi qui sauve, c’est aussi recevoir Christ comme notre Trésor. Un Christ qui n’est pas considéré comme un Trésor implique un non-salut”.

Ma réflexion à partir de là : Le point de départ de la vie chrétienne est un amour pour Dieu, une vraie reconnaissance à Dieu et Jésus pour l’œuvre à la croix, la résurrection, le Ciel promis, etc. Jésus comme Sauveur et Seigneur. Tout va bien au début de la conversion (je crois). Mais par la suite, je me demande si “Jésus-Sauveur-et-Seigneur” ne devient pas juste qu’une sorte de sésame qui a ouvert une porte. Une porte sur une communauté, une porte sur un ministère, une porte sur telle position dans l’église…

Jésus comme Sauveur et Seigneur, est-ce que ce n’est juste qu’un sésame pour ouvrir des portes dans l’église ?

Je ne dis pas que c’est d’office le cas. Je ne fais que m’interroger moi-même. Je me demande si je ne me suis pas converti d’abord à Christ, puis converti à un ministère, laissant le ministère prendre la place de Christ. En d’autres mots, je me demande si le ministère n’est pas devenu le Trésor et Christ (et Dieu) une partie de ce Trésor. Si Christ/Dieu n’est pas LE Trésor, ma vocation est tronquée.

Pour comprendre ce que je te partage :

  • J’aime méditer, étudier, prêcher la Bible. Mais au fil du temps, est-ce que ce ministère n’est pas devenu mon dieu qui remplace le vrai Dieu ? Une indication qui va dans ce sens : combien de temps est-ce que je passe dans la prière, dans une vraie relation avec Dieu, par rapport à ma relation avec le texte biblique qui titille mon intelligence ? Est-ce que ma foi ne devient pas quelque chose de plus en plus intellectuel tout en y perdant doucement ma vie spirituelle ?
  • Idem pour la louange : J’aime accompagner les chants à la guitare, j’aime animer la louange dans l’église… mais est-ce que je n’aime pas plus ça que Celui que je suis censé louer ? Ma louange n’est-elle pas en train de devenir elle-même l’objet de ma louange (j’espère que tu comprends l’idée) ? Est-ce que ma louange est vraiment “en esprit et en vérité” (Jean 4.24), c’est-à-dire spirituelle et axée sur la vérité de Dieu en Christ, ou intellectuo-musico-perso… satisfaisante et glorifiante (c’est si bon d’exercer un ministère musical dans l’église !).

Ce n’est qu’une réflexion qui me pousse à constamment réorienter ma vision vers Celui qui doit être le vrai Trésor… Celui que l’on trouve un jour (qui nous trouve !), comme ce trésor dans un champ de la parabole, et qui fait que l’on vend tout le reste, que tout le reste n’a plus d’importance parce qu’on veut uniquement ce Trésor-là. Que Christ soit le seul Trésor que je souhaite garder, voilà ma prière, mon vœu (pieux) suite à cette réflexion. Rien n’est gagné, mais je compte sur l’Esprit Saint pour m’y aider.

Seigneur, aie pitié de moi.


1 Ce livre existe aussi en français: John Piper, “Prendre plaisir en Dieu” (Ed. La Clairière, 1995, 260 pages).

Qui êtes-vous?

J’aime cette phrase attribuée à Oscar Wilde: “Donnez un masque à un homme et il vous montrera son vrai visage“. Je crois que c’est vrai. C’est aussi une réalité sur le Net: Il est possible de surfer en “mode caché / navigation privée”. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai, puisque tout ce qui est fait via un ordinateur sur le Net est d’office mémorisé quelque part sur un serveur.  Mais je crois quand même que la réalité, c’est que tous les fantasmes peuvent trouver une réalisation dans le fait d’être caché de la vue des autres, de ne pas être reconnu. C’est dans ce “caché” que nous dévoilons un visage plus vrai de nous-mêmes. Et ça, ce n’est pas nouveau, c’est une réalité depuis la nuit des temps. “Rien de nouveau sous le soleil” disait Qohéleth.

Moi, ce qui me parle dans cette réalité, quand je médite un peu sur le texte biblique, c’est que Dieu nous veut justement aussi quand on est en mode “caché”. Matthieu 6.6 qui est souvent dans ma pensée nous le rappelle:

Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.” (Matthieu 6.6)

J’y vois que Dieu nous veut en tant que “qui es-tu vraiment?”, “vas-y, joue franc jeu avec Moi!“. Alors que nous sommes tous (je pense) en recherche constante de notre identité, tellement il est difficile de faire le tour de chacune de nos complexités, dans la rencontre de Dieu, ce “qui es-tu?” prend son sens: Je crois que Dieu nous apprend qui nous sommes, il façonne notre identité… Et il nous rappelle d’abord et sans cesse que ma plus grande identité est celle qui commence par “je suis son fils/sa fille, et donc…

A méditer…

Couvrez ce saint que je ne saurais voir!

Je ne suis pas historien, je ne suis pas sociologue, mais je me demande…

Je me demande… si on n’est pas constamment en mode balancier à travers les siècles d’histoire dont nous écrivons aujourd’hui d’autres pages. Mais sont-elles si différentes ?

Rien qu’en regardant notre petit (sic!) Occident, il était un temps où les chrétiens régnaient en maitres (quasi) absolus. Et : Au bucher, tous ceux qui croyaient différemment (ou qui ne croyaient pas, ou qui avaient telle orientation sexuelle, etc.)!

Il était donc un temps où être croyant, c’était le must, et avoir certaines croyances, non-croyances, divergences, orientations… c’était : “Vivez cachés pour vivre votre identité (ou plutôt pour vivre tout court)!“. Et surtout : “Honte à vous !

Aujourd’hui, le balancier atteint un autre extrême : Ce serait plutôt aux religieux de vivre leur foi, leur identité, de façon cachée, de façon privée.

Le siècle des Lumières et la raison ont essayé de balayer l’obscurantisme religieux. Cela a permis, Dieu merci (vraiment!), au monde religieux d’évoluer et de quitter enfin les pratiques moyenâgeuses dont on ne veut plus trop parler aujourd’hui dans les églises (inquisition, bûchers,etc.). Bon, on retrouve encore trop de résurgences par-ci, par-là, mais en gros, on a relativement bien évolué. Si, si !

Aujourd’hui, c’est un must, si on s’affiche homo et/ou laïc et/ou athée et évidemment ouvert, tolérant, intelligent, non dogmatique, etc.

C’était une erreur que les religieux d’une certaine époque chassent ceux et celles qui ne pensent pas comme eux et les terrent hors de leur (sic!) monde en pointant un doigt accusateur et indicateur de honte…

Effet de balancier ? Certains voudraient que nous soyons honteux d’être chrétiens, de croire l’incroyable, ce qui ne semble pas “raisonnable” (peut-on prouver Dieu, le miracle, la résurrection,… ?).

Je ne veux pas cacher ma foi, cette foi qui n’explique pas tout, cette foi toujours en recherche, certes, mais cette foi en Celui qui est Vérité, Chemin et Vie. Oui, je suis fier d’être chrétien.

Mais… cette fierté personnelle n’est pas un “non” à la personnalité de ceux et celles qui m’entourent. Que chacun(e) puisse être fier(e) de sa propre identité, de sa propre recherche spirituelle, philosophique, etc., sans devoir la cacher, je crois que cela relève du droit fondamental de chaque être humain.

Mon identité évolue, j’imagine que c’est le cas pour les autres humains autour de moi. S’afficher non dogmatique ou neutre, c’est à mon sens un leurre. Nous bâtissons tous notre identité sur une base (des fondations, des racines, des théories, des dogmes,… peu importe les mots !) qui font ce que nous sommes. Je crois donc que, quelque part, nous sommes tous dogmatiques. La base change parfois, mais on se raccroche très vite, dès lors, à une autre base, et l’identité nouvelle, ou renouvelée, …, se construit elle aussi.

Être dogmatique pour soi-même, avoir une base solide à sa foi (ou à sa non-foi), à sa personnalité ne me semble être pas un problème. Le problème, à mon sens, c’est quand j’impose mon dogme à l’autre. Effet balancier de l’histoire : Est-ce que ceux qui combattent le dogmatisme historique de la religion ne le font pas au nom d’un dogme qu’ils souhaitent à leur tour imposer? N’est-il pas dangereux de nous diriger vers une pensée unique qui se leurre en se croyant adogmatique?

Nous sommes tous des êtres complexes (enfin, il me semble). Je ne crois pas que je suis sur cette terre pour faire la guerre à mes pairs qui sont parfois si différents dans leur identité que moi ! (A moins que ce soit moi qui sois si différent?)

L’expression à la mode actuellement, à l’heure où j’écris ces lignes en Belgique, c’est “le vivre ensemble“. Si vous avez un discours à produire, sortez au moins cette expression trois fois. Ça le fait !… Mais les pensées derrière ces mots sont pourtant souvent si opposées à cette belle expression : Il s’agit ni plus ni moins de délimiter ce qu’est un espace où l’on vit vraiment ensemble, entendons (souvent) la sphère publique, et d’interdire dans cet espace tout ce qui est religieux. Pour ceux qui me lisent d’ailleurs, et pour qu’ils comprennent mon propos: En Belgique, pour le moment, certains laïques dogmatiquement adogmatiques (trouvez l’erreur) et surtout dogmatiquement anti-religieux visent un retrait de tout ce qui est religieux de la sphère publique.

C’est un déni de mon identité chrétienne. Une amie homosexuelle pourra s’afficher lesbienne, et tant mieux pour elle (et tant mieux pour moi aussi! J’aime rencontrer des personnes vraies! Sans masque – ni masque de honte, ni masque du “politiquement correct”, ni aucun autre masque) – il est grand temps de supprimer les hontes, les hypocrisies. Mais un religieux, pourra-t-il s’afficher religieux ? “Par pitié, couvrez-moi ce saint que je ne saurais voir !

Ah, le balancier de l’histoire, où le meurtri d’avant devient l’émondeur du jour !

Serait-ce à celui qui ramasse le premier la pierre pour écraser l’autre, et sinon le réduire à néant, le réduire au silence, le réduire à la zone de la honte : “Faites ça chez vous, on ne veut ni voir, ni entendre…

Je refuse la honte. Je refuse qu’un autre puisse la subir, je refuse de la subir moi-même. Pour tout dire, je n’accepte la honte, personnellement, que quand elle est mienne, je n’accepte que celle qui me fait regretter un mauvais choix, une mauvaise action, etc., que celle qui me fait progresser, que celle qui construit mon identité. Je l’accepte pour me construire, mais reconstruction se fait alors dans la présence Celui qui fait la différence dans ma vie et qui seul peut m’enlever cette honte coupable et me faire vivre libre à nouveau… Je refuse par contre la honte qui veut cacher mon identité. Je refuse la honte que l’on veut m’imposer.

Bref! Et si nous laissions les pierres par terre, plutôt que se demander qui les ramassera en premier ? Et si nous apprenions à mieux communiquer d’abord pour découvrir l’autre derrière une identité dont rien que prononcer le nom fait déjà peur et s’enfermer derrière nos plus grosses barricades ? L’on verrait sans doute que les fondamentaux de nos recherches profondes ne sont pas si différents, en fin de compte (la recherche d’amour, de bonheur, etc.). Mais oserons-nous cette démarche, ce rapprochement ?

Juste une petite réflexion perso…

Huguenots-MuseeDuDesert-Cevennes
Allons-nous revivre le quotidien des huguenots qui devaient se cacher pour lire la Bible (ce que certains chrétiens dans le monde vivent encore aujourd’hui)?

“Marcher vers l’innocence” (Anne Lécu)

MarcherVersLInnocenceJe suis souvent à la recherche de livres qui ont des chapitres courts (ici 4-5 pages par chapitre) pour une méditation quotidienne. J’ai découvert ce livre au hasard d’une émission radio où l’auteur, Anne Lécu, était interviewée en rapport à ce livre.

Il s’agit avant tout d’un parcours dans l’évangile de Jean. Lire ce livre, c’est s’offrir un temps de retraite pendant 40 jours.

Il m’a rendu amoureux de l’évangile de Jean, évangile que j’ai donc commencé à méditer et, l’un entrainant d’office l’autre, choisi pour entamer une nouvelle série de prédications.

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